Facture impayée

Relancer un client qui ne paie pas

Presque personne ne refuse de payer. Les factures dorment dans une pile, sur un bureau, dans une boîte mail qui n'est pas la bonne. Celui qui demande le plus clairement, et le plus tôt, est payé le premier.

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Pourquoi relancer tôt, et souvent

Attendre poliment un mois avant d'écrire ne protège pas la relation : ça vous place derrière tous les fournisseurs qui, eux, ont relancé. Quand une trésorerie se tend, l'ordre de paiement n'est pas l'ordre des échéances. C'est l'ordre dans lequel on a été relancé.

L'autre raison est mécanique : plus une facture est ancienne, plus elle est difficile à recouvrer. Le comptable a changé, le bon de commande est introuvable, le dossier n'intéresse plus personne. Le meilleur moment pour relancer est toujours le plus proche de l'échéance.

La séquence

Huit e-mails en trente jours, du rappel avant échéance au dernier rappel avant mise en demeure, puis un par semaine jusqu'au règlement. Voici les cinq qui changent quelque chose : le ton, ou ce qui est annoncé.

J−3

E-mail

Avant l'échéance

Un rappel neutre, trois jours avant la date de règlement, puis un mot le jour même. Ce n'est pas une relance : c'est ce qui évite la moitié des retards. Une facture reçue il y a trente jours a souvent disparu d'une pile.

J+1

E-mail

Le constat, sans reproche

La facture est échue et n'a pas été réglée. Rien de plus. Le ton reste professionnel et factuel : à ce stade, dans la grande majorité des cas, personne ne refuse de payer — le virement n'est simplement pas parti. À J+5, on demande une date.

J+7

E-mail

Nommer le retard

Une semaine sans nouvelles : on le dit, et on demande le règlement le jour même. Si les e-mails restent sans réponse, ils n'arrivent peut-être pas à la bonne personne : un SMS court, avec un lien de paiement, passe là où le courriel se perd.

J+14

E-mail

Le retard a un prix

Les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € entrent dans le message, chiffrées au jour près. À J+20, on demande une régularisation sous huit jours.

J+30

E-mail

Dernier rappel avant mise en demeure

Il annonce la mise en demeure en recommandé et laisse une porte ouverte à un échéancier. Puis une relance repart chaque semaine, jusqu'au règlement : un client qui ne reçoit plus rien oublie.

Ce rythme se resserre ou s'étire selon le client : un grand compte avec un circuit de validation lourd n'a pas le même tempo qu'un artisan. Ce qui ne change pas, c'est l'ordre : rappel, constat, changement de canal, fermeté, recommandé.

Reste le moment où le client répond : voici quoi lui écrire quand il promet une date, conteste ou ne répond plus.

À qui écrire

Votre interlocuteur commercial n'est pas toujours celui qui déclenche les virements. Les deux premiers messages partent à la comptabilité ou à l'adresse de facturation. À partir de la relance ferme, mettre en copie la personne avec qui vous travaillez change souvent la vitesse de traitement : un impayé devient visible à l'intérieur de l'entreprise.

Si vous n'avez aucune réponse après trois messages, appelez le standard et demandez le service comptabilité. Puis confirmez l'échange par écrit le jour même — sans trace, l'appel n'a pas existé.

Ce que chaque message doit contenir

  • Le numéro exact de la facture, sa date et son montant
  • La date d'échéance dépassée, et depuis combien de jours
  • Un moyen de payer sans avoir à chercher : lien, RIB, ou les deux
  • Une question ouverte — « un problème sur cette facture ? » — qui rend la réponse facile
  • Une trace écrite, même après un appel téléphonique

Une relance qui dit « vous avez des factures en retard » ne se traite pas : le comptable ne sait pas laquelle, ni combien. Une relance qui donne le numéro, le montant et un lien se traite en deux minutes.

Trois erreurs qui coûtent le dossier

Menacer dès la première relance
Parler d'huissier le lendemain de l'échéance pour un oubli de virement vous fait perdre un client et n'accélère rien. La fermeté a sa place — à partir de J+14, quand les messages précédents sont restés sans réponse.
Suspendre la prestation sans vérifier le contrat
Arrêter de livrer ou de travailler peut se retourner contre vous si le contrat ne le prévoit pas : vous devenez celui qui n'exécute pas ses obligations. C'est une décision à prendre avec un avocat, pas dans l'énervement.
Laisser filer
Une facture impayée se prescrit en général par cinq ans entre professionnels, sauf délai plus court prévu par la loi ; par deux ans si votre client est un consommateur. Le droit d'agir dure, mais l'argent peut disparaître avant.Articles L110-4 du code de commerce, 2224 du code civil et L218-2 du code de la consommation

Quand arrêter de relancer

Quand la séquence est allée jusqu'au courrier recommandé sans résultat, une sixième relance n'apportera rien. C'est le moment de la mise en demeure, qui change de nature : ce n'est plus un rappel, c'est l'acte qui ouvre la voie aux procédures.

Ne pas avoir à y penser

Relansa envoie cette séquence à votre place, au bon moment, sous votre nom, et s'arrête dès que le client répond ou paie. Vous validez ce qui part. Relansa n'encaisse rien et ne voit pas votre banque.

Cette page décrit le droit applicable en France entre professionnels. Elle ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit sur votre situation.

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